L'ŒIL FÉ, PREMIÈRE PARTIE - GALLIÉ & SOREL
Scénario : Mathieu GALLIÉDessins & couleurs : Guillaume SOREL
Algernon Woodcock 1
2002
Delcourt (mai 2002)
62 pages
4ème de couverture :
Cette lande semble être l'un de ces lieux qui, reniés par Dieu, sont dévolus à la hantise d'inconcevables esprits malfaisants...
Des êtres étranges qui, blottis dans l'ombre d'incertains recoins, attendent le moment propice pour se saisir de vous.
L'avis :
William McKennan est un jeune médecin tout juste diplômé. Il part remplacer temporairement un ami de sa famille, médecin à Oban, en Écosse. Son ami, Algernon Woodcock, un homme de quatre pieds de haut, fantasque et également praticien, l'accompagne.
William découvre le dur travail de médecin de campagne. Un jour qu'il est en tournée, Algernon intervient pour mettre au monde l'enfant de John Pendwick, riche bourgeois d'Oban. Peu après, le comportement du petit médecin se perturbe...
Algernon Woodcock est une série de bandes dessinées assez particulière, du moins d'après ce que révèle le premier tome, lui-même premier volume d'un diptyque, L'Œil Fé.
Tout est fait par le scénariste, Mathieu Gallié (qui a également signé La Confrérie du crabe, Wendigo ou Contes des hautes terres), pour laisser à penser d'Algernon Woodcock n'est pas un personnage fictif, ni son ami William McKennan, mais que le récit livré ici est tiré de notes véridiques laissées par le médecin écossais dans son journal.
Une atmosphère particulière imprègne les pages de cette BD. Les dessins de Guillaume Sorel (L'Île des morts, Les Contes de l'Ankou...) y sont pour beaucoup. Les couleurs, magnifiques, encore plus. L'Œil Fé est un album superbe, qui tape vraiment, c'est le cas de le dire, dans l'œil ! On est saisi par le niveau de qualité du travail de Sorel.
Cette ambiance mystérieuse est évidemment renforcée par le scénario lui-même. Il met en scène des phénomènes qu'on pressent fantastiques, mais auxquels on n'assiste pas. Cette seule évocation fait évidemment monter le suspense. Mais il est vrai que tout ce qui se passe dans L'Œil Fé, première partie est rapporté par William McKennan, non vécu (ou du moins raconté longtemps après). Conséquence : la bande dessinée est assez bavarde et son rythme est plutôt lent. Même quand « l'action » est à son comble, elle est contenue par le récit objectif livré par le personnage principal.
Le fait est qu'il ne se passe tout simplement pas grand-chose dans ce premier épisode de Algernon Woodcock. Gallié et Sorel introduisent parfaitement les personnages sympathiques de la série et les décors inquiétants d'une Écosse secrète. Malheureusement, ils esquissent à peine le cœur de l'histoire. Il reste beaucoup de questions en suspens à la fin de ce premier album.
Toutefois, ce sont des questions qui ne sont peut-être pas assez intrigantes. En lisant L'Œil Fé, première partie, on est touché par les dessins de Sorel et l'enthousiasme de Gallié à raconter cette histoire, mais on – je – n'arrive pas à être conquis par sa passion. On n'en sait pas assez sur la suite, à mon avis, pour avoir vraiment envie de se risquer à lire la suite.
En ce qui me concerne, lire L'Œil Fé, deuxième partie n'est pas totalement exclu, mais ce n'est pas prévu dans l'immédiat. Un second choix, en quelque sorte, si je n'ai pas accès à des bandes dessinées qui me semblent plus intéressantes.
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