L'ŒNIPS D'ORLON - Jean-Louis & Doris LE MAY
Rockenret 21967
Fleuve Noir, Anticipation n°312 (1er trimestre 1967)
Couverture de René BRANTONNE
192 pages
4ème de couverture :
Pas de texte sur le quatrième de couverture.
L'avis :
L'Œnips d'Orlon se déroule dans le même univers, et met en scène les mêmes personnages principaux, que La Chasse à l'impondérable. Cette fois, les agents d'Interco Rockenret, Elvène la Gandienne, Gerdavid et Sunami devront se rendre sur Orlon, planète membre de la Fédération, mais qui a décidé de ne pas accepter les avancées technologiques que cette dernière lui propose. La population d'Orlon vénère l'Œnips, un gros cristal de scorbium aux propriétés particulières. Or, l'Œnips a disparu ! Aux agents d'Interco de le retrouver...
Avouons-le, L'Œnips d'Orlon est un roman un peu kitch. Comme les autres romans de la série Rockenret (La Chasse à l'impondérable et Les Drogfans de Gersande), il date des années soixante. Il ne manque donc pas d'une certaine naïveté dans la mise en scène de ses héros plus forts, plus beaux et plus intelligents que quiconque, mais qui tombent toujours dans les pièges tendus par les méchants.
L'Œnips d'Orlon est une œuvre du couple Le May. Il se caractérise donc par de l'action, de l'aventure, mais aussi des sentiments. On y trouve l'imagination en ébullition des deux auteurs, avec toujours des idées de base assez fascinantes et qui, étrangement, tournent souvent autour d'une quelconque substance d'une grande valeur : l'iridium dans Quelques lingots d'iridium, le gravidium dans La Chasse à l'impondérable et donc le scorbium dans L'Œnips d'Orlon. Scientifiquement, les romans des Le May ne valent rien (il y a même des incohérences, comme l'Œnips d'Orlon qui pèse trois cents grammes, mais qui a le poids d'un objet de trois cents kilos), mais ils font exploser dans la tête du lecteur des images fabuleuses de vaisseaux fulgurants, de nefs effilées comme le réa, d'armes énergétiques atypiques comme le lazon, d'appareils électroniques astucieux, et caetera. Du vrai space opera comme on n'en fait plus, en fait. Et c'est peut-être un tort car se plonger dans un bon vieux roman de SF comme L'Œnips d'Orlon qui a très bien vieilli (du moins a gardé son charme) n'est pas sans relancer la passion du lecteur pour l'aventure spatiale et la découverte de peuples et de planètes extraordinaires, aux côtés de héros valeureux, sûrs de leur force et de leur courage.
Avant tout divertissant, L'Œnips d'Orlon n'est évidemment pas un chef-d'œuvre, mais se classe parmi les meilleurs space opera du Fleuve Noir Anticipation. Du moins pour ceux qui aiment le charme suranné des romans de science-fiction des années soixante/soixante-dix...
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