IZAËL - GLORIS & BOURGOUIN

Publié le par Vicklay

Scénario : Thierry GLORIS
Dessins & couleurs : Mikaël BOURGOUIN
Le Codex Angélique 1
2006
Delcourt (juin 2006)
50 pages


4ème de couverture :

« Le Codex Angélique !!? Encore cette foutaise ésotérique à la petite semaine ? 'Devriez changer de conseiller de lecture, commissaire...

- Très spirituel, Pujol... Vous croyez vraiment que je me taperais la prose alambiquée de ce bouquin s'il n'était pas lié à notre enquête ?

- Hu ! Hu ! Hu ! Y'a pas à dire, vous êtes un homme de terrain !

- Rigolez ! Je suis sûr que la clef du mystère est dans ces pages...

- Vous pensez sérieusement que notre meurtrier est serrurier de profession... Hu ! Hu !

- Imbécile... »


L'avis :

Thomas Devisse est un jeune homme de la haute société. Il a pour tuteur son oncle, homme à moitié fou, obsédé par l'idée de ressusciter sa sœur, et mère de Thomas. À la mort de cette dernière, il l'a placée en hibernation artificielle. Depuis, il recherche dans les écrits ésotériques un moyen de la délivrer de la demi-mort dans laquelle elle est plongée. Or, Thomas met la main, par hasard, sur le Codex Angélique, livre ancien qui pourrait bien renfermer la clef de la résurrection de Freeda Devisse...

Un album moyen.

Thierry Gloris est un passionné d'Histoire. Ses scénarios se déroulent donc tous dans le passé, que ce soit le XVIIIème siècle (Saint-Germain) ou le début du XXème (Le Codex Angélique et Waterloo 1911). À la réalité historique, il ajoute des faits surnaturels qui agrémentent des enquêtes criminelles.
Dans Izaël, c'est un tueur en série surnommé Croc'Cœur qui mène la vie dure au commissaire Nimber et à l'agent Pujol. Au début de l'album, il en est à sa dix-septième victime, à qui il a arraché le cœur, comme les précédentes. Le surnaturel, il se trouve dans les recherches ésotériques de l'oncle du héros, en vue de faire revivre sa sœur en hibernation, et qui vont évidemment aboutir à des phénomènes fantastiques.
Malheureusement, la partie « enquête » de l'histoire se révèle accessoire, bien qu'occupant la moitié de l'album. La partie « surnaturelle » du récit, la plus intéressante, ne représente finalement qu'une faible portion de ce premier album, pour laisser plus de place au développement du personnage principal. Si c'est quelque chose d'important pour la suite de la série, qui repose du coup sur un protagoniste solidement élaboré par Gloris, on termine la lecture d'Izaël en ayant l'impression que l'histoire du Codex Angélique n'a pas vraiment commencé et qu'elle s'annonce à rallonge.

L'album est illustré par Mikaël Bourgouin, qui a également réalisé les dessins de la série Sky-Doll. C'est un artiste de talent, qui a effectué un travail plutôt bon pour Izaël. Les couleurs sombres conviennent parfaitement à l'ambiance de la série. Toutefois, j'ai été gêné par l'apparence des personnages, tirant sur la caricature.
Certes, il est clair que les auteurs du Codex Angélique ont voulu une série empreinte d'humour. Cet aspect un peu amusant des personnages, les expressions incongrues de ces derniers en sont le résultat. Mais je ne suis pas sûr que ce soit très efficace, car Gloris use d'un humour grivois, limite vulgaire, qui ne fera pas mouche auprès de tout le monde[1].

Pas envie de poursuivre l'aventure.

Lorsque j'eus achevé achevé Izaël ma décision était prise de ne pas acheter le tome suivant, Lisa. Je n'ai pas été convaincu par l'histoire.
J'ai un gros problème avec Thierry Gloris, à ce qu'il me semble. C'est la deuxième série dont il est  le scénariste que j'entame  sans désirer poursuivre (ma première expérience était Un rouquin de trop, premier tome de Waterloo 1911). Il utilise la même - mauvaise - recette à chaque fois : même genre d'histoires, même genre d'univers, mêmes personnages intéressants mais qui ne sont pas attachants, mêmes premiers tomes qui posent les bases des séries mais oublient de développer ce qui en font l'intérêt (ici il n'y a  que les cinq dernières planches qui correspondent au thème du synopsis, ce qui n'est pas suffisant pour satisfaire un lecteur qui peut se sentir floué).
Un auteur de BD ne doit jamais oublier qu'un album de bandes dessinées coûte cher et qu'il y a une forte concurrence. Or, Gloris ne donne pas suffisamment envie de lire les tomes 2 de ses séries (bien que le résultat soit meilleur avec Le Codex Angélique qu'avec Waterloo 1911). Résultat : les treize euros que j'aurais pu dépenser pour Lisa, je préfère les utiliser pour découvrir une autre BD plutôt que de risquer un autre désappointement.

Pour moi, Thierry Gloris, c'est fini[2]. Je ne dépenserai pas un sou de plus pour une de ses œuvres.
Par contre, Mikaël Bourgouin, j'en veux bien encore ! Il fait du bon travail, mais ce qu'il a réalisé pour Izaël ne représente pas, à mon avis, ce qu'il peut faire de mieux.


[1] En ce qui me concerne, ça passe. Mais pas de quoi se rouler par terre...
[2] D'autant plus que dans le lexique qui complète l'album, Gloris indique détester les chats, ce qui pourrait être excusé si j'avais aimé les bandes dessinées qu'il a signées, mais a plutôt comme conséquence, en l'occurence, d'aggraver son cas.
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Publié dans Bandes Dessinées

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