LA DIXIÈME PLANÈTE - Edmund COOPER
The Tenth Planet1973
Denoël, Présence du Futur n°221 (3e trimestre 1976)
Traduction de Claude SAUNIER
Couverture de Stéphane DUMONT
256 pages
4ème de couverture :
Le capitaine Idris Hamilton fuit une Terre saccagée par les pollutions de toutes sortes avec, à son bord, une précieuse cargaison : vingt enfants, destinés à donner une seconde chance à l'espèce humaine en peuplant la planète Mars. Mais le vaisseau, saboté, explose. Il n'y a pas de survivants. Pourtant, cinq mille ans plus tard, sur Minerve, dixième planète du système solaire, le capitaine Hamilton se réveille, à l'état de cerveau auquel on greffe un nouveau corps. Les Minerviens qui l'ont sauvé, lointains descendants d'autres colons terriens, ont créé une société idyllique où l'immortalité est à portée de la main et où l'agressivité n'existe pas. Mais ce bonheur chloroformé, est-ce bien ce qui convient aux hommes ?
L'auteur.
Né en 1926, de nationalité anglaise, Edmund Cooper est un écrivain de style classique, qui a su intégrer à sa vision personnelle de l'avenir les préoccupations écologiques et sociales propres à notre époque.
Présence du Futur a déjà publié de lui Pygmalion 2113 et Pas de Quatre.
L'avis :
Comme Pygmalion 2113 (1958), La Dixième planète (1976) s’attaque au thème relativement courant de l’homme propulsé dans le futur. Mais propulsé dans le futur non pas grâce à un appareillage de type machine à voyager dans le temps, mais par un concours de circonstances qui permettent à son corps ou à son esprit de survivre à plusieurs siècles ou millénaires. De bienveillants hommes du futur ressuscitent alors le héros qui doit s’adapter aux changements de la société humaine.
Dans Pygmalion 2113, les hommes sont sous le joug des robots, d’abord créés pour servir mais qui ont pris le dessus petit à petit à mesure que leur indispensabilité se faisait de plus en plus forte.
Dans La Dixième planète, les hommes se sont eux-mêmes enfermés dans un carcan de lois qui emprisonne leurs pensées, leurs initiatives.
Voici le contexte. La Terre est complètement polluée. Elle est à bout de souffle et l’homme ne peut plus y vivre. On a d’ailleurs droit, au chapitre 2, à une incroyable description des conséquences du peu de respect porté par l’homme à sa planète natale.
L’homme doit émigrer. Il le fait sur Mars. Idris Hamilton, astronaute commandant du Das Hammarskjold, doit transporter des enfants et leurs professeurs aux forts QI, où ils seront bien utiles à la reconstruction d’une nouvelle société humaine. Mais les hommes obligés de rester sur Terre ont saboté le vaisseau. Ce dernier est détruit pendant le voyage. Tout le monde est mort, à ce qu’il semble.
Sauf qu’Hamilton se réveille subitement. On a réussi à récupérer son cadavre, avec son cerveau en assez bon état pour que 5000 ans après sa mort, on puisse le réanimer. Fruits d’une expérience d’immortalité basée sur l’utilisation de clones, Hamilton, l’unique professeur et les quelques enfants survivants de l’explosion du Das Hammarskjold doivent apprendre les règles régissant la société aux règles strictes. Société de la dixième planète du système solaire, Minerve, où les derniers représentant de l’espèce humaine se sont réfugiés après une guerre nucléaire sur Mars.
Evidemment, dans ce genre de récit, l’adaptation du personnage n’est pas aisée. Il rêve de revoir la Terre. Il n’accepte pas la non-violence qui est la règle dans cette société. Il considère tout de suite comme idiote la façon de vivre de ces derniers hommes et femmes.
Forcément, il rue dans les brancards, s’attire des ennuis, est condamné, dresse quelques individus rebelles dans sa croisade. Il tente ainsi de rétablir quelques principes qui lui paraissent indispensables. Notamment, dans un certain sens de la misogynie, l’appartenance d’une femme à un seul homme.
Car l’homme du passé ne peut absolument pas accepter une société pacifiste, qui recherche à ne pas commettre les erreurs du passé. Certes, elle rejette en partie la science, est structurée sur des principes presque religieux, qui restreignent sensiblement les droits des citoyens de Minerve. Mais c’est tout juste si Hamilton réfléchit aux bons côtés de ce fonctionnement social.
Dès son réveil, il ne se pose pas de question. Il est clair que les sauveurs d’Hamilton sont des idiots et que l’astronaute a raison. Voilà probablement le gros défaut de La Dixième planète. Cooper ne creuse pas assez le sujet. Il décrit la société minervienne en détail, mais on passe très vite sur le jugement qu’il y porte lui-même. On est tout de suite entraîné dans la lutte d’Hamilton, vouée à l’échec. Il faut dire qu’il enchaîne les erreurs stratégiques, mettant en avant une sorte d’honneur peu digne d’un homme du XXIème siècle, sensé être d’une intelligence supérieure (il est quand même astronaute).
Mais heureusement, par un coup de théâtre incroyable, grâce à la soudaine crédulité des dirigeants minerviens qui avaient jusque-là fait preuve d’une grande astuce, il s’en sortira et pourra rejoindre la Terre. On n’en doutait pas. Encore que la forme soit d’une grande faiblesse.
La Dixième planète est donc un de ces romans décrivant une société future, d’assez piètre qualité, à côté duquel on peut passer sans avoir honte.
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