MÉMORIA - Laurent GENEFORT
2008Le Bélial' (juin 2008)
Couverture de MANCHU
304 pages
4ème de couverture :
Le prix de l'immortalité...
Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l'univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu'il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les « crises de souvenirs » qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d'en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s'ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d'un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l'engloutir.
Le compte à rebours est engagé...
Né en 1968, Laurent Genefort a vingt ans lorsque sort son premier roman, Le Bagne des ténèbres, dans la mythique collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Aujourd'hui, avec près de quarante romans publiés, un Grand Prix de l'Imaginaire et un prix Rosny Aîné en poche (Arago - 1995 ; Omale - 2002), il est considéré comme l'une des figures de proue de la nouvelle science-fiction française et, sans doute, le tout meilleur créateur d'univers du domaine.
Après plusieurs ouvrages de fantasy publiés ces dernières années, Mémoria marque le grand retour de Laurent Genefort à la science-fiction, son domaine de prédilection, un roman en annexe duquel on trouvera un passionnant lexique de l'univers de la Panstructure, construction linéaire de 25000 planètes qui donne cadres à l'ensemble de ses space operas.
L'avis :
Le personnage principal de Mémoria, dont on ne sait presque rien jusqu’à la fin du roman, est un tueur professionnel, dont les méthodes sont originales. En effet, il transfert sa conscience dans d’autres corps. Il peut ainsi approcher ses victimes sous l’apparence, par exemple, de leurs meilleurs amis, pour les tuer facilement.
Pour effectuer ces transferts de mémoires, le personnage utilise une mallette qui contient un appareillage unique dans tout l’univers. Il peut y enregistrer sa mémoire et celles de ceux qu’il remplace, pour les transférer d’un corps à un autre.
Mais à force de changer de corps, le tueur, dont la conscience est vieille de plusieurs siècles, ne sait plus qui il est exactement. Il n’a plus de souvenirs du début de sa vie. Il ne sait donc pas qui il est…
Voilà une idée de base fort intéressante. La lecture du quatrième de couverture est alléchante et le livre possède une somptueuse couverture signée Manchu. On a toutes les raisons d’acheter ce roman. L’univers de la Panstructure regorge d’idées intéressantes et d’inventions passionnantes. Et Laurent Genefort n’est pas un mauvais écrivain.
La lecture des premières pages ne trahit pas la confiance avec laquelle on aborde le roman. Genefort nous plonge en effet directement dans le vif du sujet, en plein vol de corps par le tueur. C’est une introduction efficace pour un roman qui n’est malheureusement ensuite qu’un récit narré de façon très banale.
Le style d’écriture est plat, sans particularité. Il a seulement le mérite de rendre la lecture aisée. L’histoire est ralentie par les souvenirs que « s’injecte » par moment le personnage. Ils n’apportent rien au récit et permettent seulement à l’auteur de laisser entrevoir des fragments de son univers.
En fait, Mémoria comporte trois parties, qui correspondent à trois missions du tueur, indépendantes les unes des autres. On est un peu déçu, à la fin de la première partie, de découvrir que l’auteur ne nous propose pas une histoire d’une plus grande ambition.
Ce dernier évolue toutefois au fil des pages. En effet, les changements de corps successifs ne sont pas sans danger pour sa santé mentale. Il est pris de crises qui le plongent dans l’inconscience, souvent au plus mauvais moment. Ces crises sont de plus en plus violentes, mais elles lui permettent aussi de faire émerger des indices sur son passé oublié.
De ce fait, la dernière partie, qui révèle les secrets sur les origines du tueur, est vraiment intéressante. Toutefois, elle ressemble aux deux autres : le tueur doit assassiner quelqu’un sur une planète, il vole un corps pour cela –un peu facilement je trouve – et on découvre, de façon très linéaire, comment il procède pour finaliser son contrat. Seul le décor et les personnages secondaires changent à chaque fois, mais sont archétypaux : colonie de moindre importance et sa pègre, planète dont la société est organisée selon les principes extrêmement stricte d’une religion et ses intégristes, monde déchiré par une guerre et ses militaires sans pitié.
Mémoria est divertissement, se lit facilement et rapidement. Voilà qui fait de la dernière œuvre de Laurent Genefort un roman qui n’est pas déplaisant à lire, mais qui n’est pas extraordinaire.
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