LA VILLE QUI PARLE AU CIEL - Saverio TENUTA

Publié le par Stéphane

La Légende des nuées écarlates 1
2006
Les Humanoïdes Associés (mars 2009)
Traduction de Hélène DAUNIOL-REYNAUD
50 pages


4ème de couverture :

Les samouraïs n'acceptent pas les instruments de bambou pour leur entraînement. Seules les vraies lames parce qu'elles sont mortelles peuvent atteindre la vérité. Et l'enseignement d'un guerrier est basé sur la recherche d'un instant crucial, cette étincelle fugitive qui au combat décide de la vie et de la mort. Le coup d'épée unique et fourdroyant qui fait s'écouler le sang à terre et emporte la vie dans sa pluie écarlate. Peu importe qui sera le vainqueur et qui sera le vaincu. Seul compte le moment décisif.


L'avis :

En matière de bandes dessinées qui ont pour décor une sorte de Japon médiéval fantastique, il n'y a pas profusion. On peut compter Okko de Hub[1] ou Samouraï de Di Giorgio et Genêt. Mais il y a aussi La Légende des nuées écarlates, qui a pour personnage principal un rônin[2] manchot, borgne et entendant constamment des voix dans sa tête, ce qui ne l'empêche pas de faire preuve d'une grande bravoure. Toute l'intrigue du premier tome de la série, donc intitulé La Ville qui parle au ciel, repose sur le mystère entourant les mutilations dont est victime Caym Raido.
Dans un univers où des loups blancs géants attaquent une ville menacée par une baisse constante de la température depuis des années, le lecteur imagine sans mal que l'explication met en avant des éléments fantastiques. Ces derniers se révèleront sans doute fascinants et sont de tout manière intrigants car ce premier tome ne laisse qu'entrevoir les étrangetés de l'univers imaginé par Saverio Tenuta.

L'histoire, de qualité, même si ne relevant pas d'idées très originales, est portée par des dessins d'un style très particulier. Ce dernier peut sans doute être qualifié de réaliste. Tenuta, d'origine italienne, a une patte qui le distingue clairement de ses collègues dessinateurs. À moins que ce ne soit pour Les Légendes des nuées écarlates qu'il mette en œuvre un univers visuel particulier et saisissant. Ses dessins ont une touche orientale, qui n'est pas sans rappeler ce qu'on peut voir sur des estampes japonaises médiévales. Je pense là tout particulièrement aux chevaux, qui n'ont rien à voir avec ceux de la bande dessinée franco-belge tout en étant magnifiques.
Si le découpage des cases est classique, la mise en couleurs, elle, est une merveille. Car dans des décors enneigés d'un blanc immaculé, l'auteur de La Ville qui parle au ciel pose avec précision des couleurs sombres et écarlates de toute beauté. Mention spéciale pour la scène de début, pour la fresque de Fujiwara Ryin ou pour celle du duel dans la cour aux platanes, qui a lieu au milieu des feuilles tombantes d'un arbre victime d'un froid automnal.

Avec ce premier tome magnifique et engageant, La Légende des nuées écarlates commence à un niveau très haut, qui j'espère perdure dans le tome 2, Comme feuilles au vent.


[1] Dont j'ai chroniqué le tome 5, Le Cycle de l'air 1.
[2] seul les samouraïs sans clan semblent dignes d'être des héros pour les scénaristes BD.
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Publié dans Bandes Dessinées

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Y
<br /> Milles excuses, j'ai lu en diagonale.<br /> Sumi masen<br /> <br /> <br />
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Y
<br /> Tu oublies Kogaratsu, série pas terminée, et le Vent des dieux, pour ce que je connais.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> C'est parce que ce sont des séries où il n'y a pas d'aspect fantastique que je ne les ai pas citées.<br /> <br /> <br />