LA FANTASTIQUE ÉNIGME DE PENTAROSA - Robert CLAUZEL

Publié le par Vicklay

1974
Fleuve Noir, Anticipation n°597 (1er trimestre 1974)
Couverture de René BRANTONNE
256 pages


4ème de couverture :

Gilbert a cru voir... ou peut-être a-t-il vu réellement la « Chose-Energie », là... au milieu de la pièce... avec des bruissements et des halètements et des bruits furtifs chuchotés ; ou des voix, des milliers de voix qui gémissent... Puis tout s'est contracté et dilué... Des torrents..., des cataractes, des raz de marée de matière photonique ont déferlé... Des tourbillons vertigineux ont fait entendre leurs vrombissements... Des espaces ont basculé jusqu'à des infinis flamboyants... Des clairs de lune de braise ont percé les ténèbres claires et aveuglantes... Des soleils ont tournoyé sur des paysages d'étincelles comme des oiseaux de mort et de feu... Des vagues de folie ont dansé d'hallucinantes tempêtes... Des spectres magnétiques ont hurlé jusqu'aux étoiles... Des crépuscules gélatineux se sont allumés comme des paysages chaotiques entrant dans la ronde... Des punaises d'horreur aux yeux rouges et chassieux ont chanté des hymnes dorés... L'espace est devenu un bloc de cristal parcouru d'éclairs lents et bleuâtres...


L'avis :

Doté d'une couverture kitchissime et d'un titre saugrenu, La Fantastique énigme de Pentarosa fait partie de ce que le FNA a fait de pire. Ce roman est à la limite du nanar. Il échappe de peu à ce statut, pour n'être que mauvais. Il y a de multiples raisons à cela.

Tout d'abord, le personnage principal. Gérald Krone est ce qui peut se faire de plus ridicule en matière de héros. C'est en effet un agent de la CIA qui effectue des missions en France. Il ne le cache pas spécialement et dégaine sa carte dès qu'il a besoin de montrer qu'il est quelqu'un ayant un peu de pouvoir. Et à la vue des trois initiales, les autorités françaises, comme un commissaire, loin de le dénoncer ou de s'offusquer de la présence d'un agent secret américain sur le sol français, répondent à ses questions, le servent... Gérald Krone est évidemment un beau gosse auquel aucune femme ne peut résister. Il roule en Mercury-Couguar, une voiture qu'on a rarement vue en France car typiquement américaine. C'est évidemment le moyen de locomotion parfait pour passer inaperçu dans les campagnes hexagonales...

Le scénario, ensuite. Dans un petit village du Nord-Est de la France, Pentarosa[1], des phénomènes inquiétants ont survenu. Treize personnes sont mortes, visiblement de peur, dans les alentours du bourg. Gérald Krone enquête de lui-même, après la mort soudaine de son chef qui a évoqué devant lui Pentarosa et une étrange affaire. L'agent de la CIA ne sait pas dans quoi il se fourre...
Si La Fantastique énigme de Pentarosa ne manque pas de suspense, ce dernier n'est maintenu que par un effort exagéré de l'auteur. Les personnages secondaires, quand ils possèdent des informations vitales, ne les révèlent pas au héros. Ils pourraient le faire, mais l'auteur trouve toujours une solution pour retarder l'échéance. Les détours que prend alors le récit désservent le déroulement de l'histoire.
De plus, l'énigme de Pentarosa, que je ne révèlerai pas pour ne pas gâcher le plaisir que le lecteur n'aura pas en lisant le roman, est finalement loin d'être fantastique. Elle est certes le résultat de phénomènes étranges, mais elle est sans intérêt.
Enfin, le roman se transforme, sur la fin, en du n'importe quoi temporel encore plus abracadabrant que le début. L'auteur ne se soucie évidemment pas des paradoxes temporels qu'induit le voyage dans le temps qu'il décrit, malgré toute l'incohérence que cela peut engendrer.
À tout cela s'ajoute une histoire d'amour tumultueuse entre Krone et Véronique, magnifique jeune femme blonde et plantureuse. Cette dernière est au cœur - ou presque - de l'énigme de Pentarosa. L'idylle semble donc importante, mais elle est en réalité sans intérêt pour l'éclaircissement du mystère. Elle alourdit par contre considérablement un récit déjà plombé par le style de l'auteur.

Et j'aborde donc pour terminer l'écriture de Robert Clauzel. Si vous avez lu le quatrième de couverture de La Fantastique énigme de Pentarosa, vous avez eu un aperçu de la lourdeur de ce qu'écrit Clauzel. Oh ! Un passage de ce type dans un roman, ce n'est pas gênant. Ça en jette. Mais quand chaque chapitre contient un paragraphe de ce type, on arrive rapidement à saturation.
Pour renforcer le mystère imprégnant son récit, Robert Clauzel emploie à chaque occasion le mot, la phrase ou le paragraphe en italique ou en majuscules. Loin d'arriver à ses fins, l'auteur montre surtout qu'il ne maîtrise pas bien la production de romans fantastiques. Il y a tellement de mots sur lesquels il appuie qu'ils noye le procédé.
Clauzel en fait tout simplement trop. Trop dans les métaphores, trop dans les images. Chez Clauzel, la neige n'est pas simplement blanche, elle est bleue et même parfois violette. La nuit est à peu près tout, sauf l'arrivée de l'obscurité. On pourrait multiplier les exemples à l'infini.

La Fantastique énigme de Pentarosa est un roman à éviter, sauf si on aime se faire du mal.


[1]Jusqu'à preuve du contraire, il n'existe pas de village portant ce nom en France. C'est encore le fruit de l'imagination d'un écrivain qui aurait probablement préféré être Américain. À noter qu'il existe par contre une Pentarosa Primary School à Lenasia, ville indienne d'Afrique du Sud.
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Publié dans Littératures

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F
<br /> Je trouve au contraire ce roman captivant, bien meilleur que la production habituelle du FN, bien meilleur en tout cas que les Limat, Bessière et autre Legay. Bien sûr, je suis d' accord, Clauzel<br /> en fait des caisses, mais il maintient le suspense, et c' est tout de même important.<br /> Son style est désuel, et c' est qui fait son charme de nos jours.  Les incohérence, on s' en fiche un peu. Et que Pentarosa n' existe pas, ça fait quoi ? Où est le problème ?<br />
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