LA TERRE SAUVAGE - Julia VERLANGER

Publié le par Vicklay

L'Intégrale, volume 1
1958 à 2008
Bragelonne, Les Trésors de la SF n°1 (juin 2008)
Couverture de Benjamin CARRÉ
504 pages


4ème de couverture :

Dans une France en proie au chaos d'une guerre bactériologique, Gérald tente de survivre en gagnant le sud quand il tombe sur une Annie, une fille qui a pour idée fixe d'aller à Paris.
Pour y arriver, il leur faudra remonter L'Autoroute sauvage. Entre les mares de bactéries, les poches de gaz hallucinogènes et les bandes de pillards, le voyage promet d'être chaud !
Et puis il y a La Mort en billes, ces globes gélatineux qui se collent aux squelettes pour les animer. Le havre de paix qu'ils finissent par trouver ne résistera pas à un raid d'esclavagistes.
Pour venger leurs amis de L'Île brûlée et retrouver Annie, Gérald et son ami Thomas devront affronter une nouvelle menace.

L'Autoroute sauvage, La Mort en billes, L'Île brûlée : la trilogie mythique de Julia Verlanger qui a préfiguré Mad Max, pour la première fois réunie en volume avec quatre nouvelles postapocalyptiques.

Julia Verlanger (1929-1985) est le pseudonyme d'une écrivaine française sous lequel ont été publiés une vingtaine de nouvelles dans les années 1950. Mais c'est de 1976 à 1982, sous la signature de Gilles Thomas, qu'elle trouve son public en publiant seize romans chez Fleuve Noir « Anticipation », dont les premières éditions sont parmi les plus recherchées des collectionneurs.


L'avis :

Un hommage à la science-fiction.

La Terre sauvage est le premier livre à paraître dans la collection Trésors de la SF, chez Bragelonne. C'est un véritable hommage à la science-fiction que rend Laurent Genefort, directeur de la collection, en ayant choisi de rééditer l'intégralité de la trilogie de L'Autoroute sauvage de Julia Verlanger. En effet, ces trois romans sont sans nul doute les plus connus de cet auteur qui a marqué la SF française, sous ce pseudonyme mais surtout sous celui de Gilles Thomas, avec ses FNA (La Croix des décastés, Les Hommes masqués, La Jungle de pierre, La Légende des niveaux fermés...).
Le livre a pour couverture une magnifique illustration signée Benjamin Carré[1]. Elle aussi est un hommage à Julia Verlanger. En effet, je tiens de Laurent Genefort lui-même sa signification : c'est une interprétation de la vision qu'eut de Paris Héliane Grimaître[2] en y venant pour la première fois. Lorsque son train entra dans la capitale, elle s'imagina la Tour Eiffel tordue, torturée. Et voilà le résultat !

Des romans postapocalyptiques légendaires.

L'Autoroute sauvage (1976), La Mort en billes (1977) et L'Île Brûlée (1979) sont trois romans mythiques qui ont marqué la collection Anticipation du Fleuve Noir. Sous le nom de Gilles Thomas, Julia Verlanger, qui avait déjà publié quelques nouvelles ayant fait forte impression (notamment Les Bulles, présente dans La Terre sauvage), livrait trois romans postapocalyptiques qui se démarquèrent par leur style franc et sans fioriture, non dénués d'humour, d'un certain sarcasme et bourrés d'action.
Le héros, Gérald, est un solitaire qui survit dans une France d'après-guerre bactériologique. Il doit affronter des dangers multiples et mortels (bactéries, rats, groupes de cannibales, et caetera). Mais le grand cœur qu'il possède, sous ses airs d'ours mal léchés, le pousse à aider la belle Annie et ses amis lorsque ceux-ci ont des ennuis. Et en plus, cela donne l'occasion de maintes aventures !

La lecture des romans et des nouvelles rassemblés dans La Terre sauvage est en effet fort divertissante, comme c'est souvent le cas avec les récits postapocalyptiques bien menés et bien écrits. On peut même dire que Julia Verlanger faisait preuve d'un grand talent pour la production de ce genre d'histoires. Mais les romans de science-fiction de ce type sont rarement des chefs-d'œuvre, surtout car ils se ressemblent tous plus ou moins. Du coup, si on prend plaisir à lire la trilogie de L'Autoroute sauvage, on ne sort pas de sa lecture dans un état de transcendance inédit.
Toutefois, je conseillerais à quiconque ne connaît pas encore Julia Verlanger (les néophytes de la SF en particulier) d'acquérir sans détour La Terre sauvage :
  • pour se forger une culture science-fictive qui ne saurait être complète sans la connaissance de cet immense auteur français qui a inspiré bon nombre de ses successeurs (récemment Thomas Geha pour son A comme Alone par exemple),
  • parce que c'est quand même bien ; que le rapport temps de lecture/plaisir est largement rentable,
  • car les nouvelles qui s'ajoutent aux trois romans sont également très sympathiques et sont probablement difficiles à trouver dans d'autres éditions,
  • enfin pour la postface de Serge Perraud, qui ne mange pas de pain mais fait un bilan pertinent de la carrière de la Julia Verlanger et de son œuvre.
Voilà. La Terre sauvage est un livre de qualité, qui laisse à réfléchir quant à l'acquisition du volume 2 de l'intégrale Julia Verlanger, Récits de la Grande Explosion, qui pourrait bien se faire...


[1] Le magnifique est pléonasmique quand on parle du travail de Benjamin Carré...
[2] Le vrai nom de la madame, donc.
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Publié dans Littératures

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