RETOUR À TERRADOES - CRISSE & MITRIC
Scénario : CRISSE & MITRICDessins : MITRIC
Couleurs : LAMIRAND
Kookaburra 5
2006
Soleil (septembre 2006)
58 pages
4ème de couverture :
Après des siècles de combats féroces entre les trois secteurs de l'univers connu, une paix précaire règne enfin...
"Cinq enfants dieux naîtront.
Rassemblés, de leurs mains, des univers créeront
- Quatre seront bons, un ne le sera pas -
L'âme du Kookaburra en eux s'éveillera et les appellera."
L'avis :
Si on veut savoir comment une série de bandes dessinées peut bien commencer et mal se finir, il faut lire Kookaburra.
En effet, la série, signée seulement de Crisse à ses débuts (et Anyk pour les couleurs), avait plutôt bien commencé avec Planète Dakoï, qui présentait un héros comique par son manque total de finesse, le space-sniper Dragan Preko. Cet album introduisait aussi le fil directeur de la série : une prophétie vieille de vingt mille ans en provenance d'Australie et annonçant la venue de cinq enfants dieux qui pourraient rendre l'univers meilleur... ou le détruire.
Venait ensuite Secteur WBH3 et Projet équinoxe, qui finissaient de nous faire découvrir ces fameux enfants dieux, ainsi que tous les protagonistes de la série : les Amazones, les Callystes, les Dakoïds, et caetera.
Malheureusement, la série commençait à prendre un mauvais tournant avec le quatrième tome, Système Ragnarok, bien que restant potable. En effet, Crisse abandonnait la réalisation des dessins pour se consacrer uniquement au scénario et c'est Mitric qui s'y collait. Les dessins étaient mis en couleurs par Paitreau. Un bouleversement qui tenait globalement debout, donc, mais on sentait bien une perte de qualité, à tous niveaux. L'histoire n'avançait pas vraiment, au point de s'interroger sur la pertinence de l'achat du cinquième tome, Retour à Terradoes, ici chroniqué.
Et en effet, voilà près de treize euros de gâchés. Il y a pour cela plusieurs raisons.
D'abord, d'un point de vue visuel, cet album me semble moins bon que les précédents, et même moins que le quatrième tome de la série. En fait, on ne reconnaît plus très bien les personnages. De plus, il y a de nouveau un changement de coloriste, ce qui confirme l'impression globale du lecteur que cette série a désintéressé les artistes de bandes dessinées.
Les personnages, d'ailleurs, ont perdu de leur intérêt au fil de la série : Dragan Preko perd son humour, Taman Kha l'Amazone ne se sert plus de ses pouvoirs télépathiques... Comme la plupart des personnages secondaires, bien qu'au centre de l'action, elle a un rôle plus que symbolique dans ce volet de la série.
Il y a tout un tas d'éléments, dans cet opus, qui paraissent tout droit sortis des chapeaux des scénaristes (Crisse, mais aussi Mitric). En fait, ces éléments ne sortent pas de nulle part, mais de différents épisodes de Kookaburra Universe, dont il est fait référence à maintes reprises en bas de pages, au point de se demander si Retour à Terradoes sert à poursuivre la série Kookaburra ou à faire de la publicité pour les autres albums se déroulant dans le même univers.
La seule joie qu'apporte cet album de bandes dessinées est qu'elle met fin à la série. On nous invite à poursuivre l'aventure avec un second cycle, mais il n'y a aucune chance que je le lise.
Globalement, Kookaburra n'est donc pas une série incontournable. Je ne conseillerais à personne de s'y engager car si les premiers épisodes sont drôles, les deux derniers albums sont limite calamiteux, bâclés pourrait-on même dire, et gâchent tout. Dommage.
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