L'HOMME QUI N'EXISTAIT PAS - Roger ZELAZNY

Publié le par Vicklay

My name is legion
1976
Pocket, Science-Fiction n°5036 (novembre 1978)
Traduction de Bruno MARTIN
Couverture de W. SIUDMAK
288 pages


4ème de couverture :
Existait-il ou non ? Telle était la question car ses pseudonymes étaient innombrables, ses missions toujours impossibles.
Pour son premier contrat, il eut à détecter, puis à détruire les saboteurs présumés d'un projet atomique hautement controversé. Vraiment une drôle d'affaire, car il devait lui-même s'anéantir en cours de route.
Après, on le chargea de disculper une troupe de dauphins domestiques accusés d'homicide.
Ensuite, il lui fallut organiser la destruction d'un téléfacteur presque humain revenu sur terre pour tuer ses quatre programmateurs.
Sa vie : un voyage sans fin au coeur de l'enfer.

Né en 1937 à Cleveland (Ohio), Roger Zelazny a débuté en 1962 dans la revue Amazing. il est considéré à l'heure actuelle comme l'un des plus brillants stylistes de la science-fiction anglo-saxonne. Dans la lignée de Theodore Strugeon et d'Abraham Merritt, il recrée dans un univers intemporel une mythologie vivante inspirée du panthéon hindou (Lord of light, 1968) ou égyptien (Royaume d'ombres et de lumières). En 1966, il obtient le prix Hugo pour son roman l'Immortel.


L'avis :

Cet homme qui n’existe pas est un personnage particulier, comme on s’en doute, mais pas parce qu’il possède des capacités particulières. C’est parce qu’on ne peut pas trouver de traces de lui dans l’immense système informatique qui connecte toutes les bases de données mondiales.
C’est un agent secret idéal, capable de prendre n’importe quelle identité pour s’infiltrer et enquêter.
L’Homme qui n’existait
pas nous invite à découvrir trois de ces missions accomplies par cet homme mystérieux.

Dans La Veille de Rumoko, il doit déjouer les tentatives de sabotage du projet RUMOKO, consistant à faire émerger un volcan du fond de l’océan.
Dans ’Kjalll’kje’k’koothaïlll’kje’k, il va découvrir qui est le véritable coupable d’un meurtre perpétré sur un ouvrier plongeur. Car la culpabilité des dauphins considérés comme les coupables est difficile à croire…
Enfin, Le Retour du bourreau met en scène un robot venu se venger de ses créateurs et que l’homme qui n’existe pas doit stopper.

Ces trois histoires indépendantes, n’ayant en commun que le personnage principal et son employeur, sont trois récits sans ambition, et du coup sans grand intérêt.
La première est inepte, si ce n’est qu’elle permet de faire connaissance avec ce fameux homme qui n’existe pas. On y apprend notamment de quelle manière il est devenu un fantôme.
La seconde est une enquête sympathique dans une réserve naturelle pour dauphins. Elle pourrait être bonne si l’auteur ne tirait pas subitement de son chapeau une conclusion qui a certes le mérite de tout expliquer mais le défaut de tomber comme un cheveu sur la soupe. Et de plus, le constat que les dauphins sont tout gentils, tout beaux, frise la gnan-gnantise.
La troisième histoire est la moins mauvaise. Elle est même bonne, car intéressante de par les idées évoquées, malheureusement seulement effleurées.
C’est d’ailleurs un constat pour tout le livre : Zelazny aborde des sujets intéressants, évoque des idées fascinantes, mais il ne fait que cela. Il ne les creuse pas assez pour rendre ses récits passionnants et dignes de rester en mémoire.

L’Homme qui n’existait pas ne transcende donc pas le lecteur, qui lit trois nouvelles plutôt qu’un roman prometteur. Car ce personnage d’homme sans identité, mais pas sans caractère, est indubitablement prometteur. Malheureusement, il est mal exploité et aurait justifié une histoire plus ambitieuse, plus longue et plus fouillée.
Dommage.
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Publié dans Littératures

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