ÉTOILE DU MATIN - DAMOUR & PÉCAU & RUEDA & SCHELLE & ROSA
Scénario : Jean-Pierre PECAUDessins : DAMOUR
Couleurs : Pierre SCHELLE & Stéphane ROSA
Nash 1
1997
Delcourt (février 1997)
50 pages
4ème de couverture :
L'époque
Fin du XXIe siècle. Les biotechnologies font désormais partie du quotidien. Issue de la recherche militaire, la firme E&M met sur le marché des androïdes de 3e génération : les Dollys. Employés dans l'industrie du tourisme et du divertissement, elles vont rapidement bouleverser la société terrienne, mais derrière les Dollys se cache un secret bien gardé.
Des mégalopolis américaines surpeuplées aux déserts martiens, en passant par les étendues sibériennes et les forêts sud-américaines, une longue quête pleine de rebondissements commence...
Les personnages
Nash Tulsa, 40 ans, ex-officier du corps des Marines durant les guerres américaines du Yucatan, ex-chasseur de primes, ex-détective privé, éternel fugitif énervé.
Audrey Tulsa, fille de Nash Tulsa, sans doute 17 ans, l'absence d'état civil et une biologie particulière ne permettent pas d'établir son âge avec certitude. Résultat d'une expérience d'hybridation d'ADN, on ne connaît jusqu'à présent pas avec certitude les raisons et les buts de cette expérience.
L'album
Nash Tulsa est un chasseur de primes, c'est un sale métier. Il a une excuse, il le fait salement. Mais lorsqu'on s'attaque à sa famille, les règles du jeu ne sont plus du tout les mêmes. Pour la première fois de sa vie, Nash va devoir se mettre à son compte, ce qui va changer bien des choses.
L'avis :
Étoile du matin est une de ces bandes dessinées qui fait forte impression lorsqu’on la voit dans une librairie. La couverture n’a rien d’extraordinaire, mais le quatrième de couverture évoque un univers fouillé, un personnage intriguant et une série ambitieuse (au moins 10 tomes).
Étoile du matin est une des ces bandes dessinées qu’il ne faudrait mieux pas ouvrir. On pourrait ainsi en garder une bonne impression.
Car Étoile du matin est une BD extrêmement ordinaire, à tous points de vue, pour ne pas dire ayant de gros défauts.
Le décor n’a rien d’original. Il est facilement comparé à celui de Blade Runner. Je dirais que c’est seulement celui d’un cyberpunk maussade, sans assez de noirceur pour arriver à la cheville de celui inventé par Philip K. Dick.
Il faut dire qu’il est desservi par des dessins que je qualifierais volontiers de mauvais. Imprécis, ils donnent l’impression d’avoir été fait à la va-vite. Les couleurs sont d’une banalité absolue et n’apportent aucun caractère à des illustrations qui ne font naître aucun sentiment chez le lecteur.
Le scénario, enfin, pourrait faire remonter le niveau si l’histoire n’était pas un banal jeu de piste. Le personnage principal saute d’indice en indice, rencontrant à chaque étape ses ennemis, auxquels il échappe grâce des alliés surgissant fort à-propos, sans qu’on sache comment ils ont pu savoir qu’ils devaient venir.
La fin de l’album, qui se veut alléchante et est sensé donner envie au lecteur de poursuivre l’aventure avec le tome 2, À l’est d’Eden, laisse sans réaction. Une histoire d’enfants surdoués et surpuissants qui ne frise même pas l’originalité.
Mais plus qu’autre chose, Étoile du matin est désolant parce que c’est un album devant présenter le personnage central de la série, Nash. Or, on ne sait quasiment rien de lui à la fin du tome. Tout juste apprend-on qu’il a une fille et une femme avec qui les choses vont mal (ils sont séparés). Mais l’action ne laisse pas le temps aux auteurs de nous en dire beaucoup sur lui. Cela est d’ailleurs sûrement prémédité : Nash ne semble pas destiner à être une série qui fait dans la profondeur : ni d’esprit, ni des personnages, ni de l’intrigue.
Du coup, je n’irai pas dans les profondeurs des étalages de ma librairie habituelle chercher les tomes suivants.
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