YSÉE-A - Louis THIRION
1970Fleuve Noir, Ancticipation n°1734 (janvier 1990)
Couverture de KERVEVAN
192 pages
4ème de couverture :
Un œuf géant, nommé Oen-Vur, capable de se propulser à la vitesse de la lumière... et qui parle d'une voix rauque...
L'avis :
Ysée-A nous propulse en 2370 après J.C., dans l’univers souvent usité par Louis Thirion (comme dans Les Stols et bien d’autres romans du FNA[1]). Jorg Maogan, commodore de la Force Cosmique Mondiale, explorateur et mutant doté de pouvoirs télépathiques au-dessus de la moyenne tient le haut de l’affiche. Il le partage avec le Tulg Oen-Vur, créature ovoïde invincible, capable de voyager dans l’espace, muni de pouvoirs psychique surpuissants.
Oen-Vur est un des derniers Tulgs. Les membres de son espèce ont été décimés par Glorvd, une puissance cosmique qui détruit toute civilisation qui devient assez forte pour lui causer du tort. Pour survivre, Oen-Vur rejoint sa compagne Ysée-A, sur Gmour, où ils pourront rester en sommeil jusqu’à une période plus propice.
Mais ils ne sont toujours pas réveillés lorsque le Département planétaire d’agriculture envoie Jorg Maogan et deux Stols, dont la ravissante Sloène, explorer Cirva. Or Cirva pour les Humains et les Stols, c’est Gmour pour les Tulgs ! L’exploration tourne au désastre lorsque Ysée-A s’empare du corps de Sloène et que Oen-Vur se réveille.
Les Tulgs ont trouvé une nouvelle race pour les servir. Ce sera chose aisée que de dominer les primates qui peuplent la Terre et les autres planètes de l’Empire, grâce au charme d’Ysée-A. Mais c’est sans compter sur Jorg Maogan…
Je ne vais pas passer par quatre chemins pour dire ce que je pense d’Ysée-A : c’est un bon roman. Il est incontestablement très au-dessus de la moyenne du Fleuve Noir Anticipation.
Ysée-A est un space-opéra de 1970, avec tous les « défauts » des romans de ce sous-genre et de cette époque. L’Empire – que dis-je ? – l’univers tout entier (ou presque) est menacé par une race invincible qui veut dominer la race humaine (et la race stol qui est son alliée). Oen-Vur et Ysée-A y arrivent très – trop – facilement au moyen de leurs pouvoirs télépathiques et de la beauté irrésistible de Sloène. Seul Jorg Maogan, le héros détenteur de secrets connus de peu, dont on laisse souvent la bride abattue et à qui on confie les missions les plus dangereuses, seul Jorg Maogan donc, résiste.
Et alors ? Et alors rien. Ça n’enlève rien au plaisir de lire Ysée-A. Pourquoi ? Parce qu’Ysée-A est écrit avec le talent de l’auteur de space-opéra qui maîtrise parfaitement les codes du genre. Thirion manie habilement les grandes figures de l’aventure et de l’aventurier spatial, mais ne s’en contente pas. L’auteur fait un réel effort pour développer un univers dont son dépourvus nombre de romans de ce format. Certes, Thirion l’enrichit au travers de plusieurs de ses productions pour le FNA (auxquelles on est parfois renvoyé par des notes de bas de page). Mais il y a également dans le récit nombre d’allusions à des planètes, des événements, des personnages, dont on ne sait rien mais qui évoquent un univers très vaste que le roman que l’on tient entre les mains ne fait qu’effleurer.
L’histoire racontée dans Ysée-A n’est pas très originale, mais la fin est plutôt amusante et le tout est bien ficelé, sans fausse note.
A lire, donc.
Et moi je vais me tourner vers d’autres Thirion…
[1] Confère à ce sujet l’intéressante chronique de Roland C. Wagner sur Génération Science-Fiction.
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