Samedi 21 novembre 2009
Anthologie dirigée par Serge LEHMAN
Textes de David CALVO, Fabrice COLIN, Philippe CURVAL, Thomas DAY, DAYLON, Catherine DUFOUR, Jean-Claude DUNYACH, Léo HENRY, Éric HOLSTEIN, Laurent KLOETZER, Xavier MAUMÉJEAN, Jérôme NOIREZ, André RUELLAN, Maheva STÉPHAN-BUGNI & Emmanuel WERNER
2009
Denoël, Lunes d'Encre (septembre 2009)
Couverture de MANCHU
Préface de Serge LEHMAN
592 pages


4ème de couverture :

Dans ce livre-anniversaire qui célèbre les dix ans de la collection Lunes d'Encre et les cent ans de la science-fiction française, on traverse un Canada hanté par les drones de Dieu. On chemine vers une forme de vie impalpable entre Mars et Jupiter, et dans les couloirs d'un lieu qui contient tous les lieux. On subit un lavage de cerveau magico-marxiste, on explore l'esprit des morts en quête d'œuvres d'art inédites, on prend contact avec des entités orbitales capables de changer l'Histoire.
On se pose aussi beaucoup de questions : sur les propriétés chimiques de la potasse, la tête robotisée de Philip K. Dick et d'autres mystères plus ou moins solubles dans le réel. En gardant l'esprit ouvert, on peut même y découvrir un poème en prose et deux romances postmodernes.

En quinze nouvelles, un panorama de la science-fiction la plus actuelle par quelques-uns des maîtres français du genre.


Serge Lehman est écrivain, anthologiste et scénariste. Son dernier ouvrage est un recueil : Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables (Denoël, 2008). Par ailleurs, il cosigne avec Fabrice Colin le scénario de La Brigade chimérique, sorte de Watchmen européen mis en images par Gess.


L'avis :

Une anthologie qui fait parler de/la science-fiction

Retour sur l'horizon aura fait couler beaucoup d'encre dans le microcosme de la science-fiction française. Sa sortie, à l'occasion des dix ans de la collection Lunes d'Encre chez Denoël (et au sein de cette même collection), a suscité des débats parfois houleux. La faute, notamment, à la préface de Serge Lehman, dans laquelle il fait grosso modo un bilan de l'état de la SF française à l'heure actuelle. Quand on sait que la définition  de ce qu'est la science-fiction est déjà l'occasion d'échanges véhéments dans la communauté, on peut facilement imaginer que vouloir faire le point sur son état actuel – à quelque niveau que ce soit, scientifique, artistique, commercial – en vue de mettre en évidence des pistes d'évolution du genre ne pouvait que semer la zizanie au sein du « club », comme l'appelle Serge Lehman.
Je ne reviendrai pas sur cette préface pour ma part. Les débats, que j'ai suivi plus ou moins assidûment m'apparaissent finalement comme un conflit entre des grabataires, des moins grabataires et quelques jeunes sur des points pour lesquels il n'y a visiblement pas de réponse – ou plutôt des réponses – et sur lesquels ils ne pourront jamais se mettre d'accord. Et pendant qu'ils se disputent comme des chiffonniers, la SF continue d'évoluer, de sombrer, de grandir, pour devenir ce qu'elle deviendra, c'est-à-dire quelque chose que personne ne peut déterminer avec exactitude.[1]

L'important, ce sont les textes !

Ce qui est intéressant dans une anthologie comme Retour sur l'horizon, c'est qu'elle réunit des textes aussi divers que variés, sans thème véritablement commun, même si Serge Lehman a construit l'anthologie avec une logique qu'il explique dans la dernière partie de sa préface. J'entends que les nouvelles de Retour sur l'horizon ont été écrites par des auteurs aux styles, aux idées et aux thèmes de prédilection différents et qu'elles racontent des histoires sans lien – évident – entre elles.
Et c'est parti pour des avis extrêmement subjectifs...

Du mauvais...

Dans la catégorie mauvais, je placerais les textes auxquels je n'ai trouvé aucun intérêt. Je n'ai par exemple pas d'explication à la présence de la courte nouvelle d'André Ruellan, Temps mort, qui n'a, à mon avis, rien d'un texte de science-fiction. Il ne m'a procuré aucune émotion.
Pas plus d'ailleurs que celui de Philippe Curval, Dragonmarx. Comme quoi ce n'est pas forcément avec les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. La nouvelle de l'auteur de L'Homme à rebours, qui raconte l'endoctrinement magico-marxiste d'un homme vivant dans une Vienne occupée en partie par une enclave de communistes maîtrisant la magie de l'anneau de Nibelungen m'a ennuyé au plus haut point. Pourtant, l'idée de départ ne paraît pas mauvaise, et même plutôt fascinante. Je me suis toutefois tellement ennuyé en lisant la nouvelle que je n'en ai, à vrai dire, pas terminé la lecture. Tant pis si j'ai raté un final formidable...
Il en fut presque de même pour la novella de Jean-Claude Dunyach, intitulé Les Fleurs de Troye – titre-spoiler s'il en est. Elle met en scène un prospecteur d'astéroïdes doté d'une vue « améliorée » par accident. On retrouve dans cette nouvelle la patte de l'auteur d'Étoiles mortes, très beau roman et sans doute chef-d'œuvre de cet écrivain, mais ce texte-là est raté. Je n'ai pas compris où Dunyach veut faire aller son lecteur, ce qu'il veut dire par cette nouvelle. Rien, à mon avis. C'est une histoire creuse.

...du correct...

Il y a ensuite les nouvelles que je n'ai pas vraiment apprécié non plus, mais qui ont au moins le mérite de laisser entrevoir quelque chose : sentiments, images fortes, talents d'auteurs...
À commencer par Penchés sur le berceau des géants de Daylon. Le récit, comme celui de Jean-Claude Dunyach, ne mène nulle part, ne raconte pour ainsi dire rien. Mais il évoque toutefois des images hallucinantes, magnifiques, originales. Ce texte donne l'impression que Daylon est un écrivain de démarche. Ce qui l'amène à écrire est plus important que le résultat final. C'est un peu dommage mais en même temps très intéressant.
Ce phénomène n'est pas à confondre avec le procédé employé par Fabrice Colin, qui signe à la fois la lettre d'introduction (Ce qui reste du réel) et le texte Effondrement partiel d'un univers en deux jours (signé Emmanuel Werner). La première cherche à transcender un texte qui rend hommage à Philip K. Dick mais auquel je n'ai pas accroché.
La nouvelle de David Calvo, au titre amusant de Je vous prends tous un par un, appartient vaguement au genre qui nous intéresse et se révèle peu digne qu'on s'y attarde. Je ne comprends pas l'intérêt de ce texte, sinon un certain humour, mais pas de quoi pavoiser...
Enfin, Hilbert Hotel, de Xavier Mauméjean, est le dernier texte de l'anthologie. Il nous y évoque un hôtel infini de façon infiniment classique. Bof bof, dirais-je. Et comme c'est un des premiers textes de l'auteur que je lis et que je crois comprendre qu'il est assez représentatif du travail de Mauméjean – dans le style et dans l'idée d'évocation de lieux fantastiques –, je suis dubitatif vis-à-vis de cet écrivain.

...du bon...

Et nous en arrivons donc aux vraiment bons textes, de mon point de vue, bien sûr.
Je commence mes éloges avec Lumière noire de Thomas Day, qui est la moins bonne des bonnes nouvelles. On y trouve action, aventure et décor post-apocalyptique à la Terminator. En effet, une intelligence y a pris le contrôle du monde et décimé une partie de la population humaine. Les survivants subsistent comme ils le peuvent, certains avec l'espoir de renverser Dieu, l'I.A. maître du monde. Day livre ici une novella vitaminée qui se lit d'un trait, facilement. Certes, on n'est pas là en présence d'un texte du niveau littéraire de la plupart des autres de l'anthologie, mais l'auteur de This is not America donne un exemple d'une certaine facette de la science-fiction qui a sa place dans cette « photographie de la SF actuelle » : divertissante, rythmée, peut-être sans grande prétention littéraire mais pas pour autant dénuée d'idées.
Autre texte fort sympathique : celui d'Éric Holstein, intitulé Tertiaire, qui place le lecteur face à un avenir probable, où tout se vend et s'achète ou se loue, de l'apparence physique à la possibilité d'enfreindre les lois. Holstein fait dans la caricature, parodiant les pires scénarios d'anticipation des dérives de notre société libérale. Il nous fait sourire (dans le bon sens du terme, j'entends) ; l'objectif est atteint.
Catherine Dufour, avec Une fatwa de mousse de tramway, fait aussi dans l'humour (grinçant). Le titre de la nouvelle le laisse imaginer. Elle réussit avec l'aisance qu'on lui connaît à mettre en évidence le ridicule de certains aspects de notre société. On reste juste un peu déçu de ne pas en savoir plus sur cette maudite potasse... Le reste est juste très bon.
Laurent Kloetzer, lui, ne nous fait pas rire. Il met en scène dans Trois singes un personnage de terroriste au cours d'un interrogatoire. L'homme parle, alors qu'il dit ne pas vouloir le faire, ce qui apparaît d'abord ridicule. Mais tout s'explique au fur et à mesure qu'il décrit les événements qui ont fait basculer le monde. Une nouvelle à découvrir !

... et du très bon

Avec les trois dernières nouvelles présentées ci-dessous, on atteint un très très haut niveau de qualité. Je disais plus haut que ni Ruellan ni Curval ne m'avaient enthousiasmé avec leurs textes alors qu'ils sont les plus anciens auteurs participant à Retour sur l'horizon. À l'opposé, ce sont parmi les écrivains les moins connus que l'on trouve ceux qui livrent les meilleures nouvelles. Léo Henry commence cela dit à se faire un nom puisqu'il est le co-auteur, avec Jacques Mucchielli, du recueil Yama Loka Terminus et qu'il participe à l'anthologie Les Derniers jours d'Edgar Poe dirigée par Richard Comballot qui sort très prochainement. Maheva Stephan-Bugni signe pour sa part ici son premier texte publié. Quant à Jérôme Noirez, il est maintenant bien connu, notamment grâce à ses Leçons du monde fluctuant ou son Diapason des mots et des misères qui a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire 2010.
Je commence par Pirate de Maheva Stephan-Bugni. On y trouve une allégorie des réseaux sociaux comme Facebook, ou des blogs. Le monde gris dans lequel est mis en scène le personnage principal – un illustrateur au chômage – dévoile la possibilité de s'ouvrir aux autres, de communiquer, même si on ne se voit pas ou ne se connaît pas. C'est un des rares textes optimistes de l'anthologie, comme quoi on peut trouver de l'espoir dans la SF.
Dans Terre de Fraye, Jérôme Noirez dévoile un futur terrifiant, bouleversé par le « bloop », phénomène sous-marin d'où émerge des créatures étranges prenant le pas sur la faune maritime de la Terre et provoquant la montée des eaux et le grignotement des terres. Clioné y est un surfeur célébrissime, star de programmes télévisuels. Il va par hasard tomber sur un extraterrestre obsédé sexuel, de qui il apprendra le mystère du bloop... et l'amour. Noirez offre donc une des meilleures nouvelles de Retour sur l'horizon : drôle, bien écrite, pleine d'humanité avec ses personnages fascinants et attachants. Elle donne très envie d'explorer plus avant l'univers d'un auteur qui semble bien mériter les louanges dont il est couramment l'objet.
Léo Henry, lui, triche un peu. Il offre quatre nouvelles pour le prix d'une, mais pour notre plus grand plaisir. La première est le prétexte aux trois autres, mais de toute aussi bonne qualité. Les Trois livres qu'Absalon Nathan n'écrira jamais présente une cité-république où l'Art est la plus grande richesse, un savoir-faire exporté à prix d'or, mais surtout développé en analysant les capacités de chacun à être artiste et en lui donnant la possibilité d'exprimer son talent. Absalon Nathan, lui, n'a révélé aucune capacité particulière, mais c'est une erreur. Il aurait eu les moyens d'écrire trois chefs-d'œuvres, trois romans dont Léo Henry nous fournit les synopsis. L'auteur y joue avec le travail d'écrivain, s'amusant à le triturer, à le transformer en le plaçant dans des situations fantastiques. On peut critiquer ce regard égocentrique de l'écrivain sur son métier mais on ne peut nier que Léo Henry dispose d'un grand talent et d'une imagination délirante et éblouissante. On en veut d'autres !

Conclusion

J'ai tout à fait conscience d'être assez lapidaire dans mes critiques, aussi bien pour les nouvelles que j'ai aimées que celles que j'ai moins aimées – voire pas aimées du tout.
Chacun trouvera son compte dans cette anthologie éclectique, qui contient du bon et du mauvais. Mais il faut la lire car c'est un incontournable de la fin d'année 2009.


[1] Je crois que j'ai bien réussi à noyer le poisson, là...
Publié dans : Littératures
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Vendredi 20 novembre 2009
Scénario : Mathieu MARIOLLE
Dessin : Alfio BUSCAGLIA
Couleur : Claudia BOCCATO
Nuisible 1
2009
Glénat (septembre 2009)
58 pages


4ème de couverture :

Paris, entre Noël est le Nouvel an. De nombreux événements dramatiques secouent la capitale : un vieil homme est retrouvé mort dans une pépinière suite à des circonstances inhabituelles, comme si des plantes l'avaient étranglé, plusieurs meurtres suspects sont signalés, de nombreux animaux adoptent un comportement équivoque...
Quatre personnes, qui ne se connaissent pas, vont malgré elles se retrouver au cœur d'une affaire de manipulation génétique qui se révélera un voyage initiatique aux frontières de se leurs propres parts sombres...


L'avis :

Il vous faudra évoluer sur le splendide site d'ActuSF pour voir la chronique sur Résonance.
Publié dans : Bandes Dessinées
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Mercredi 18 novembre 2009
La Légende des nuées écarlates 2
2008
Les Humanoïdes Associés (octobre 2008)
50 pages


4ème de couverture :

Les samouraïs n'acceptent pas les instruments de bambou pour leur entraînement. Seules les vraies lames parce qu'elles sont mortelles peuvent atteindre la vérité. Et l'enseignement d'un guerrier est basée sur la recherche d'un instant crucial, celle étincelle fugitive qui au combat décide de la vie et de la mort. Le coup d'épée unique et foudroyant qui fait s'écouler le sang à terre et emporte la vie dans sa pluie écarlate. Peu importe qui sera le vainqueur et qui sera le vaincu. Seul compte ce moment décisif.


L'avis :

Saverio Tenuta nous avait émerveillé avec le premier tome de La Légende des nuées écarlates, intitulé La Ville qui parle au ciel.
On y découvrait un univers inspiré du Japon médiéval, et plus particulièrement une ville menacée par un hiver sans fin. Cette dernière est dirigée par une femme sans pitié, Ryin Fujiwara, affligée de difformités qu'elle soigne en sacrifiant de jeune fille dont elle prend la force vitale[1] et a pour premier général un guerrier tout aussi impitoyable et malfaisant qu'elle, Nobu Fudo.
On y faisait connaissance de Raido Caym, samouraï manchot, borgne et amnésique. Héros de la série, découvrir son passé, le voir reconquérir le rang qu'il a perdu est le fil conducteur de La Légende des nuées écarlates.
On rencontrait aussi Meiki, jeune fille au rôle mystérieux, mais vital dans la saga... Ce deuxième tome lève un peu le voile sur son importance dans le récit.

Comme feuilles au vent reste dans la lignée de La Ville qui parle au ciel, tant au niveau de l'histoire que de la qualité graphique de l'album.
On y retrouve l'immense talent de Saverio Tenuta à réaliser des dessins magnifiques, peints avec brio. On est particulièrement impressionné, subjugué même, par la maîtrise du blanc que détient l'artiste italien. Comme le tome 1, ce deuxième tome est superbe. Je ne vois pas trop ce que je peux dire d'autre...
L'histoire, elle, avance. Elle ne traîne pas en longueur, comme dans d'autres bandes dessinées[2]. D'ailleurs, la série ne comportera que quatre tomes (bien que seulement trois étaient prévus à l'origine).

Le tome 3 de la série, Le Trait parfait, est sorti tout dernièrement. Nous allons donc encore pouvoir nous régaler, et sans attendre !


[1] Ce deuxième tome de la série ne donne pas encore toutes les explications à ce phénomène, mais déjà on le comprenait dans le premier tome.
[2] La tendance à la longueur des séries de bandes dessinées me semble d'ailleurs de moins en moins vérifiée. Probablement une conséquence de la forte concurrence dans le neuvième art qui oblige à plaire rapidement et de la multiplication à outrance des nouvelles séries, et on ne s'en plaindra pas pour le coup.
Publié dans : Bandes Dessinées
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Lundi 16 novembre 2009
2003
Dupuis, Aire Libre (septembre 2009)
128 pages


4ème de couverture :

Pas de texte sur le quatrième de couverture.


L'avis :

Vous ne savez pas ce qu'est le prosopopus ? Allez donc voir sur le magnifique site d'ActuSF...
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Dimanche 15 novembre 2009
Scénario : Serge LEHMAN & Fabrice COLIN
Dessin : GESS
Couleurs : Céline BESSONNEAU
2009
La Brigade Chimérique 3
L'Atalante, Flambant 9 (octobre 2009)
50 pages


4ème de couverture :

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayon X.

Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le Bien et le Mal.

Les feuilletonistes ont fait d'eux des icones. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence...

LA FIN DES SUPER-HÉROS EUROPÉENS


L'avis :

La Brigade chimérique est L'événement BD de science-fiction de l'année 2009. Les deux premiers tomes m'avaient beaucoup plu, comme à de nombreuses autres personnes, qui en ont parlé ici ou .

On trouve, dans ce troisième tome, deux nouveaux épisodes mettant en scène les super-héros européens, L'Homme cassé et Bon anniversaire docteur Séverac ! L'occasion de découvrir de nouveaux personnages (John-l'étrange, l'homme cosmique et son chien Sirius, Carnacki, le Werewolf...) et d'en apprendre plus sur ceux déjà apparus au cours des quatre premiers épisodes.
Ce troisième tome est véritablement un album clef, reléguant les deux premiers au rang d'introduction. Car  le lecteur qui a attendu impatiemment la sortie de cette fin de première moitié de La Brigade chimérique va enfin découvrir les secrets des quatre super-héros (le Baron Brun, Docteur Sérum,  Matricia et le Soldat inconnu) que renferme la grande carcasse de Jean Séverac. La conséquence, il faut bien l'avouer, est un certain ralentissement dans l'action. Serge Lehman et Fabrice Colin prennent un peu de temps pour développer les personnages et finir de placer les fondations de la série. Les gentils sont clairement introduits, les méchants identifiés.
Vers la fin du tome, le rythme de la bande dessinée accélère pour ouvrir sur une suite qui verra la Brigade chimérique affronter engin Gog et le Docteur Mabuse. Mais cela, nous le verrons dans le tome 4 et les suivants.

Les dessins de la BD sont toujours signés Gess et les couleurs Céline Bessonneau. J'en ai déjà parlé dans ma précédente critique. Leur travail est encore une fois adéquat à l'ambiance de la série.

On espère que la suite de la saga sera aussi bonne et, en fait, on n'en doute pas une seule seconde...
Publié dans : Bandes Dessinées
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