LES DROGFANS DE GERSANDE - Jean-Louis & Doris LE MAY
1967Rockenret 3
Fleuve Noir, Anticipation n°327 (3ème trimestre 1967)
Couverture de Gaston de SAINTE-CROIX
192 pages
4ème de couverture :
Pas de texte sur le quatrième de couverture.
L'avis :
Quand on lit les aventures de Rockenret et ses collègues Gerdavid, Sunami et Ethéra, c'est-à-dire les romans La Chasse à l'impondérable et L'Œnips d'Orlon, on entend à quelques reprises parler des drogfans. J'ai toujours pensé que c'était là une vilaine race extraterrestre particulièrement retorse. Il n'en est rien – ou presque, car la plupart des drogfans sont des Tricônes de Crilla, Xilla et Anabure – car se sont en fait tout simplement des trafiquants de drogues, et notamment du gers, une substance extrêmement addictive.
Les plus avisés d'entre vous comprendront alors l'origine du titre de ce troisième roman du couple Le May : Interco va devoir affronter la terrible menace des trafiquants de drogues de la planète Gersande, monde qui doit son nom au fait qu'on y fabrique évidemment du gers.
Après avoir combattu des scientifiques mégalomaniaques avides de gravidium et empêché le vol de l'Œnips, énorme cristal de scorbium aux propriétés particulières, affronter des trafiquants de substances opiacées paraît être une véritable partie de plaisir pour Rockenret, me direz-vous. Eh bien, détrompez-vous ! Car c'est sans compter sur des criminels parfaitement organisés, qui semblent anticiper chaque manœuvre de l'Interco pour les capturer. La Centrale de Surveillance de la Fédération ne devra sa victoire – immanquable – qu'à la perspicacité, le courage et la ténacité de ses meilleurs enquêteurs, Rockenret et Gerdavid (comme à chaque fois).
Les Drogfans de Gersande, troisième roman de Jean-Louis et Doris Le May, ne voit pas tellement l'écriture du couple s'améliorer. Il faut dire que La Chasse à l'impondérable date de 1966 et L'Œnips d'Orlon et Les Drogfans de Gersande tous deux de 1967. Les Le May commencent donc leur carrière d'écrivains de SF sur les chapeaux de roues et c'est petit à petit que les choses s'améliorent (je n'ai lu ni La Planète des Optyrox, ni L'Odyssée du Delta, ni Message pour l'avenir écrits en 1968, mais Arel d'Adamante oui, et c'est un roman qui m'a semblé plus abouti). Les Drogfans de Gersande n'est qu'une suite de situations assez anodines (pour un space opera) qui amènent les héros à lancer une mission d'attaque secrète d'une planète bien défendue. On est dans une configuration classique d'aventure spatiale, plutôt de qualité moyenne à vrai dire, et on a vu mieux.
La seule particularité du roman, et que l'on retrouve à maintes reprises chez les Le May, est le submergement du lecteur, dès les premières pages, par une description sans concession de la situation géopolitique dans laquelle prend place l'histoire. Quand je dis « sans concession », j'entends : pour le lecteur. ce dernier va entendre parler en quelques pages d'introduction de plusieurs races aliens, de planètes diverses, se verra nommer des personnalités importantes, des organismes d'envergure et même, s'il le faut, aura des précisions scientifiques étourdissantes. Le tout donne évidemment l'impression de mettre les pieds dans un univers cohérent d'une complexité réaliste et convaincante. D'ailleurs, une bonne partie des romans du couple Le May se déroulent dans ce même univers et Rockenret et Gerdavid apparaissent même dans une quatrième aventure, Irimanthe[1].
Les Drogfans de Gersande est à réserver aux amateurs de vieux space opera et aux fans des Le May. Mais c'est fort sympathique !
[1] Source : Anticipation, 50 ans de collections fantastiques au Fleuve Noir d'Alain Douilly.
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