PONYO SUR LA FALAISE - Hayao MIYAZAKI

Publié le par Stéphane

Gake no ue no Ponyo
2009
1h41


Synopsis :

Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d'une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu'il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau.
Ponyo est aussi fascinée par Sosuke que ce dernier l'est par elle. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s'occuper d'elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto - un sorcier autrefois humain qui vit tout au fond de la mer - la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s'échappe pour retrouver Sosuke.
Mais avant de prendre la fuite, elle répand l'élixir magique de Fujimoto, l'Eau de la Vie, dans l'océan. Le niveau de la mer s'élève, et les soeurs de Ponyo sont transformées en vagues gigantesques qui montent jusqu'à la maison de Sosuke sur la falaise, et engloutissent le village...
Une petite fille et un petit garçon. L'amour et la responsabilité. La mer et l'essence de la vie. Véritable antidote à l'anxiété et aux doutes de notre époque, Ponyo sur la falaise est la fabuleuse histoire d'une mère et de son enfant.


L'avis :

À priori, je ne vais jamais voir les films pour enfants – ou qui sont à première vue destinés aux enfants – qu'ils soient d'animation ou pas. Mais désœuvrement pascal, très bonnes critiques et rien d'autre de correct au ciné obligent[1], je me suis donc enfermé dans une salle obscure pour assister à une projection du dernier Miyasaki, plutôt que d'aller voir ailleurs si les cloches avaient fait pleuvoir leurs œufs de chocolat.

C'est quoi Ponyo ? Et pourquoi c'est sur une falaise ?

Que raconte donc Ponyo sur la falaise ?[2] Tout commence au fond de la mer. Brunehilde, petite fille poisson rouge à tête humaine décide de fuir le navire de son père Fujimoto (un sorcier qui était autrefois un humain) pour explorer l'océan. Elle arrive dans un port où elle subit quelques désagréments qui aboutissent à son enferment accidentel dans un bocal. Sosuke, petit garçon de cinq ans qui vit avec sa mère dans une maison en haut d'une falaise, la recueille et lui donne le nom de Ponyo.
Fujimoto traque Ponyo pour la ramener au fond de la mer. Mais la petite fille poisson, fascinée par Sosuke et le monde des humains, n'a pas l'intention de retourner dans la prison où elle et ses sœurs sont enfermées par leur père...

Comme il l'a déjà fait dans ses précédents films, Hayao Miyazaki raconte une histoire fantastique au cours de laquelle le quotidien des personnages est totalement bouleversé par des phénomènes fantasmagoriques. Ici, le petit port où vivent Sosuke et sa mère Lisa va subir un raz de marée qui l'engloutira, tandis que la faune marine sera remplacée par des animaux du Dévonien. Si, si ! Mais on est là dans le registre habituel de Miyazaki : ce n'est pas moins – ou plus – extraordinaire que le parc d'attraction et ses étranges habitants dans Le Voyage de Chihiro ou le Japon peuplé de créatures gigantesques de Princesse Mononoke.
Le spectateur est propulsé dans un rêve éveillé, dès les premières images du film, dont il ne ressortira qu'un peu plus d'une heure et demi plus tard, transporté par une bande originale magnifique et, bien sûr, une animation de toute beauté[3].

Pourquoi Ponyo sur la falaise c'est bien.

En tant qu'adulte, j'ai été assez peu touché... Ok ! Ok ! J'avoue, c'est un film touchant (je l'ai dit, c'est bon, on va pas en faire tout un plat, hein ?).
En tant qu'adulte, donc, en plus d'être attendri comme un mioche qui mange sa morve[4], j'ai particulièrement apprécié le message écologiste dissimulé par Miyazaki dans son film. Ce n'est pas une nouveauté pour une œuvre de ce dernier. Dans Ponyo sur la falaise, il montre la pollution maritime : le port aux eaux où surnagent des déchets, les fonds qui sont couverts de cochonneries. Lorsque Ponyo s'enfuit et libère par la même l'Elixir de Vie, les phénomènes résultant sont assimilables à la vengeance de l'Océan contre l'irrespect de l'homme (d'ailleurs Fujimoto préparait cette revanche et la destruction de l'humanité).
Comme souvent dans une Miyazaki, les héros sont jeunes, voire des enfants. C'est d'eux que vient le salut et le cinéaste japonais le répète film après film : si on écoutait plus les enfants, leur bon sens naïf mais naturel, on n'en serait pas là, à vivre sur une planète qui se meurt à cause de la pollution.

Ponyo sur la falaise est donc un film divertissant, qui plaira aux enfants comme à leurs parents. Ce n'est certainement pas le meilleur Miyazaki que j'ai vu, mais cela peut venir du fait qu'il est plutôt destiné à un public juvénil.


[1] Ouais, je pouvais aussi aller voir Monstres contre aliens. Je pouvais...
[2] Le titre français est la traduction littérale du titre original japonais, me semble-t-il.
[3] Bon, dans la séance à laquelle j'ai assisté, toute la salle était régulièrement sortie de l'état onirique généré par le film par les rires de demeuré congénital de l'abruti assis juste à côté de moi, qui s'esclaffait allègrement au hasard des scènes, sans cohérence avec le niveau humoristique de ces dernières. Du coup, je m'interroge : est-ce qu'on ne devrait pas tuer les cons ? Mais c'est une autre histoire...
[4] J'essaie de compenser l'aveu de ma sensibilité avec des vulgarités. Il ne faut pas le prendre mal, il y a aussi des adultes qui mangent leurs crottes de nez.

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Publié dans Cinémas

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