WATCHMEN - Zack SNYDER

Publié le par Stéphane

Avec Jackie Earle HALEY, Patrick WILSON, Malin AKERMAN...
2009
2h43


Synopsis :

Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, "Watchmen – Les Gardiens" – se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l'Horloge de l'Apocalypse – symbole de la tension entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique – indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent.  Alors qu'il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers – un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l'un d'entre eux possède de véritables pouvoirs – Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l'humanité...  Mais qui veille sur ces gardiens ?


L'avis :

Avant-propos.

Cet avis sur Watchmen arrive bien tard, alors que le film connaît très probablement la fin de sa vie dans les cinémas hexagonaux. Il est vrai que n'étant pas un amateur de comics (par une méconnaissance totale du genre), les adaptations de ces bandes dessinées américaines ne m'emballent pas au premier abord. Mais Watchmen, le comic signé Alan Moore et Dave Gibbons, est culte. Les fans de ce dernier que j'ai croisés attendaient tous l'adaptation cinématographique au tournant. Et ils n'ont pas été déçus, encensant – parfois à l'extrême – le travail de Zack Snyder et de son équipe. Je ne pouvais pas ne pas aller voir Watchmen.

Je n'ai pas encore lu la bande dessinée.  Pas encore, car elle est là, l'intégrale parue chez Panini Comics, dans ma PAL, à attendre que je l'attrape pour la dévorer. J'aurais eu le temps de la lire avant de me rendre dans un des rares cinémas parisiens à encore diffuser Watchmen. Mais voilà... surcharge de SP pour ActuSF, autres lectures aussi importantes en attente, et caetera, ont fait que, eh bien, la BD, je ne l'ai pas lue[1]. Tant pis, je vais donc critiquer le film sans faire de comparatif avec le comic, ce qui n'est pas forcément un problème. Je prouverai par la même qu'on peut aimer ce film même si on n'a pas de nostalgie pour l'œuvre de Moore et Gibbons.

Qu'est-ce que ça raconte, Watchmen ?

! Attention, il est possible que je spoile un poil dans mon résumé !

Suite à un accident dans le centre de recherche intrinsèque, Jon Osterman a été transformé en la créature qu'on appelle le Dr Manhattan. Capable de plier les atomes à sa volonté, il est une arme ultime qui a permis aux États-Unis de gagner la guerre du Vietnam. La guerre froide continue toutefois et Nixon en est à son quatrième mandat.
L'apparition du Dr Manhattan a lancé l'ère des super-héros. Des justiciers masqués, les Watchmen – les Gardiens – sont apparus, faisant régner l'ordre, parfois avec des méthodes controversées. Pour empêcher les exactions des Watchmen, une loi a interdit les masques, renvoyant les héros dans l'anonymat.
Des années après, le Comédien, un des Watchmen, est tué chez lui. Rorschach enquête et prévient ses anciens compagnons (le Hibou, Ozymandias, le Spectre soyeux, Dr Manhattan) de se méfier. Qui pourrait vouloir éliminer les anciens justiciers ? Pourquoi ? Serait-ce parce qu'ils pourraient être capables d'arrêter la Troisième Guerre Mondiale imminente, et l'holocauste nucléaire qui l'accompagnerait ?

Du sexe (un peu), du sang (beaucoup) et de la sueur (encore plus).

Watchmen est servi par un casting d'acteurs peu connus, qui crèvent pourtant dans leurs rôles de héros vieillissants mais qui doivent rendosser leurs costumes pour affronter une sombre menace.
Si Carla Gugino (déjà apparue dans Sin City) joue le rôle de Sally Jupiter, ancien Spectre soyeux et femme mûre, n'est pas au top de son pouvoir de séduction, Malin Akerman, qui joue sa fille (et le Spectre soyeux) est superbe en brune engoncée dans une combinaison de cuir. Les spectatrices ne seront pas en reste avec un Patrick Wilson (le Hibou) en héros au grand cœur (mais aux lunettes absolument pas sexy) et un Jeffrey Dean Morgan (le Comédien) en macho ultra violent.
Outre la scène de sexe, avec en fond sonore Hallelujah de Leonard Cohen, qui est relativement classique, on relèvera les vues impudiques sur la quéquette du Dr Manhattan, ce qui n'est pas courant au cinéma. Watchmen est de toute façon un film qui n'est pas pour les enfants de chœur, comme je l'indique dans le paragraphe suivant. C'est un OVNI dans le paysage cinématographique, dont le budget  (autour de cent millions de dollars) et le contenu non censuré aux États-Unis surprennent... pour notre plus grande joie !

Film interdit aux salles aux moins de douze ans, Watchmen est en effet un film d'une certaine violence (et d'une violence certaine). C'est un long métrage mettant en scène des super-héros qui ne font pas dans la dentelle. Il y a donc des scènes de combat, parfois classiques, parfois presque insoutenables. Les vilains voient souvent leurs membres être brisés, quand ils n'explosent pas tout simplement de l'intérieur. Le sang gicle, les os craquent, les décors sont repeints en rouge carmin.
Mais les scènes d'action sont bien filmées. On peut les suivre clairement, d'où peut-être cette violence qui ressort, contrairement à celles d'autres films récents, où les scènes de combats sont floues.

Le comic Watchmen date de la deuxième moitié des années quatre-vingt. La guerre froide est encore d'actualité, ainsi que la menace de l'holocauste nucléaire[2]. Ce sont les thèmes principaux de cette bande dessinée de super-héros. Aujourd'hui, cela semble désuet, mais le film n'en est pas pour autant inintéressant (pas plus qu'un film sur la Seconde Guerre Mondiale par exemple) : notre époque n'est plus directement connectée au contexte décrit, mais ce n'est pas un souci. Même si Watchmen décrit une Amérique uchronique, on frémit autant que ses personnages devant l'épée de Damoclès nucléaire s'apprêtant à s'abattre. Par contre, on ne ressent pas la tension qu'on devrait peut-être ressentir tout au long du film, justement en raison de ce décalage entre les années quatre-vingt et la première décennie du XXIème siècle.
Cela dit, la fin de Watchmen est le résultat d'un travail d'orfèvre de la part des auteurs, tant il y a de rebondissements, de révélations. En réalité, toute l'histoire est une mécanique de précision dont la quintessence se fait jour dans les dernières minutes du film.
Le seul défaut de cette magnifique histoire est qu'elle nécessite la mise en place de nombreux éléments : décors, contexte historique, personnages, tous complexes. Il fallait passer par de nombreuses scènes que le spectateur peut ressentir comme longues. Le film ne dure d'ailleurs pas près de trois heures pour rien ! C'est un peu embêtant, mais indispensable. Toutefois, il y a des compensations : la bande originale qui accompagne ces longues scènes, composée de standards de Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Billie Holiday ou même Jimi Hendrix, et j'en passe[3].

Conclusion.

Watchmen est un film d'action terrible, qui ne peut pas laisser le spectateur indifférent. Certes, il y a des longueurs et il dure deux heures quarante, mais il possède une atmosphère, des personnages et une histoire si touffus et particuliers qu'il serait bien dommage de passer à côté.


[1] Mais l'avis sur le comic arrivera prochainement. Depuis, il est disponible...
[2] Nous n'en sommes toujours pas à l'abri, mais mis à part quand la Corée du Nord s'amuse avec ses fusées à longue portée, on a tendance à l'oublier complètement.
[3] Une bande originale qui a du coûter une petite fortune, mais ça le fait grave !
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Publié dans Cinémas

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