PYGMALION 2113 - Edmund COOPER

Publié le par Vicklay

Deadly Image
1958
J'ai Lu, Science-Fiction n°480 (2e trimestre 1973)
Traduction de Claude SAUNIER
Couverture de Tiber CSERNUS


4ème de couverture :

Né le 30 avril 1926 à Marpie, Cheshire (Angleterre). Etudes au Grammar School de Manchester. Devient marin de la Marine Marchande de 1944 à 1946. Il a écrit un grand nombre de nouvelles, publiées dans quantités de magazines européens et d'outre-Atlantique et des romans qui ont été traduits en Allemagne, Italie, Japon et en France.

La Terre a été ravagée par un conflit atomique. En 2113 les survivants ont décidé de consacrer tous leurs efforts au bonheur de l'humanité en instaurant une société vouée aux loisirs et au plaisir. Ce sont les Androïdes, des robots ultra-perfectionnés, qui assument toutes les activités pénibles, y compris celle de gouverner.
C'est alors que John Markham, un homme de notre temps, se réveille après 150 ans d'une hibernation accidentelle. Le bonheur planifié lui paraît bientôt insupportable malgré la présence à ses côtés de son Androïde féminine personnelle, la délicieuse Marion.
Mais ce robot aux formes de déesse peut-il être éveillé à la vie réelle, à l'amour, telle la statue du sculpteur grec Pygmalion ? Et l'humanité ne peut-elle encore se révolter contre ces êtres artificiels qu'elle a créés et qui maintenant l'asservissent ?


L'avis :

« C’est un monde utopique, car les androïdes font tout le travail et nous avons tout le plaisir »

Pygmalion 2113
se situe au 22ème siècle, après une guerre atomique appelée la Grande Anesthésie. La population a été considérablement réduite et l’homme a été obligé de recourir à la main d’œuvre robotique pour palier le manque de bras et relancer l’économie. Les androïdes, devenus de plus en plus performants, sont devenus de plus en plus indispensables. Ils s’occupent maintenant de toutes les tâches, les hommes n’ayant plus qu’à se soucier d’eux-mêmes, de leur bonheur.
Mais les hommes sont-ils heureux lorsqu’ils n’ont pas de travail, aucune difficulté à affronter pour vivre ? Voilà la question que pose Edmund Cooper tout au long de ce roman, en nous faisant entrevoir cette société futuriste post-atomique au travers des yeux d’un homme du 20ème siècle, John Markham.
Un point fort de Pygmalion 2113 est la réussite avec laquelle l’auteur met en opposition les idées de son personnage principal avec celles très avancées (en matière de relations sociales notamment) des hommes du 22ème siècle.
Petit défaut : John Markham est un homme du 20ème siècle, mais surtout des années 50. On sent un relent de pensées rétrogrades pour notre époque par moment, mais rien de vraiment choquant

« Si nous ne riions pas […] nous serions fous de colère. Donc nous rions. La tragédie devient une bonne plaisanterie, et la plaisanterie perd peu à peu de son amertume »

La société du 22ème siècle est une société d’oisiveté. Les hommes se consacrent pleinement aux plaisirs de la vie. Le personnage est offusqué tout au long du roman par l’attitude frivole, superficielle des citoyens de cette Londres d’après la Grande Anesthésie.
De ce fait, les personnages présentés sont assez insipides, superficiels. Mais c’est une volonté de l’auteur car on découvre finalement que les hommes du 22ème siècle ont autant de profondeur de ceux du 20ème. Seulement ils se cachent derrière des attitudes nonchalantes et paresseuses pour oublier les affres de la Grande Anesthésie : mutations, populations réduites et présence des androïdes.
Tout au long du roman, les personnages secondaires prennent de l’ampleur, de la consistance, expriment de plus en plus des sentiments forts comme le courage ou l’amour, faisant de Pygmalion 2113 non pas un simple récit de rébellion contre la machine, il exprime aussi une vision positive de l’Humanité qui a toujours espoir et les moyens de prendre le dessus sur ce qui la menace. C’est peut-être le point fort de ce roman.

« Toute vie n’est pas nécessairement organique »

Le thème principal de ce roman est évidemment celui des androïdes. Ils dirigent tout, sans que les Humains s’en rendent compte, sauf quelques-uns, qu’on appelle les fugitifs et qui fuient la société et tentent de renverser les androïdes.
Markham apprend rapidement que cette rébellion existe. Malgré sa mauvaise opinion de la société du 22ème siècle, il ne la rejoint pas aussitôt. Toute la première partie du roman est le récit de son apprentissage de ce qu’elle est, et de ce que sont réellement les androïdes. Toujours accompagné de son androïde personnel, Marion-A, il s’instruit. Il en arrive à la conclusion que les androïdes, malgré qu’ils soient mécaniques et soient dirigés par leurs programmes, sont vivants, expriment des sentiments.
Je laisserai le soin au lecteur de découvrir comment Edmund Cooper en arrive à exprimer cette idée. Il évoque une certaine façon de définir la vie, qui n’est probablement pas originale, mais qui a le mérite d’avoir un intérêt.

Finalement, Pygmalion 2113 se révèle être un bon roman, qui se lit vite en laissant un sentiment positif. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais il mérite sa place dans le rayon des romans sur les robots.
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Publié dans Littératures

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